La régulation de la pratique de la chirurgie plastique

Les interventions de chirurgie plastique sont de plus en plus banalisées et la demande est en constante progression. Pour répondre à ces besoins, de nombreux médecins pratiquent des actes de chirurgie plastique de manière non conventionnelle. En France, La Direction générale de la santé a depuis une décennie tireé la sonnette d’alarme.

Beaucoup de médecins pratiquants, mais très peu de spécialistes

De plus en plus de médecins généralistes proposent dans les grandes villes, entre deux consultations classiques, des interventions de chirurgies plastiques. Ainsi, en région parisienne, pour quelques centaines d’euros la demi-heure, ces derniers pratiquent une injection de produits antirides à des patientes désireuses de paraître plus jeune. Très lucratif, ce genre de pratique apparait pourtant à la limite de la légalité. C’est pourquoi les autorités sanitaires françaises ont pris des dispositions pour lutter contre ce genre de débordements et encadrer l’exercice des actes de chirurgie plastique à travers notamment une demande de mise en conformité pour les chirurgiens esthétiques.
En France, le nombre de médecins esthétiques ne semble guère dépasser le nombre de 150. Les autres praticiens exerçant en milieu libéral sont pour la plupart généralistes, dermatologues, ophtalmologues, ou gynécologues et offrent leur service en tant que médecins esthéticiens. Selon le syndicat national de médecine esthétique, ils seraient environ 2000 médecins généralistes à pratiquer la médecine esthétique, sans compter les spécialistes qui eux aussi profitent de la forte demande pour les actes de chirurgies plastiques. Dans la plupart des cas, les médecins esthétiques, installés dans les grandes villes, exercent chez eux et s’approprient leur clientèle dans les beaux quartiers. Ils peuvent, pour certaines interventions, louer une salle dans une clinique où ils disposent du matériel nécessaire.

Uniformiser les formations

En France, le Conseil National de l’Ordre des Médecins reconnaît uniquement la formation à la médecine morphologique et anti-âge, existant depuis deux ans dans cinq universités et ouverts à toutes les spécialités. Ce diplôme permet ainsi aux spécialistes de traiter des problèmes de vieillissement, intellectuel, affectif, cardiovasculaire, nutritionnel ou sexuel. Cependant, les injections de toxine ou d’acide hyalurique ou l’utilisation de lumière pulsée, considérée comme des actes de chirurgie esthétique, ne font pas partie du domaine de compétence de ces derniers et leur sont interdites. Seuls 80 médecins y sont autorisés chaque année après approbation du Conseil National de l’Ordre des Médecins.
Pour se former aux techniques esthétiques non chirurgicales, les médecins peuvent cependant participer aux ateliers proposés par les laboratoires ou encore suivre les enseignements théoriques et pratiques dispensés sur deux ans par le Syndicat national des médecins esthétiques. Le Conseil National de L’Ordre des Medecins souhaite une harmonisation et une reconnaissance des autorités des formations à l’esthétique. Les gestes médicaux simples comme l’injection de produits sous-cutanés seraient alors autorisés pour les médecins généralistes après formation. Cependant, la législation impose au médecin, pour tout acte esthétique de plus de 300 euros, de proposer un devis et d’accorder quinze jours de réflexion au patient.

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